Rosa Luxemburg, c’est l’Internationale par essence. Extraits de la « Résolution sur le caractère d’une nouvelle Internationale » et des « Principes directeurs… »

Rosa  Luxemburg, c’est l’Internationale. Militante de la Seconde  Internationale dès ses premières années hors de Pologne, elle en sera l’un des membres les plus actifs, elle y mènera certains de ses principaux combats (voir ses discours, résolutions …). Aussi lorsque celle-ci s’effondrera avec les ralliements nationaux au conflit mondial, elle sera l’une des analystes les plus aiguës de cet effondrement et elle verra dans la reconstruction de l’Internationale le but essentiel de son action, fondant avec des camarades le journal l’Internationale qui n’aura qu’un numéro pour cause d’arrestations et de poursuites, créant un groupe qui portera ce nom et qui donnera naissance à la ligue spartakiste et multipliant entre août 1914 et mai 1916 les textes, comme on peut le lire dans le tome IV des œuvres de Rosa Luxemburg, récemment paru. En pleine guerre, lors de la Conférence nationale du groupe, elle écrit une « Résolution sur le caractère d’une nouvelle Internationale » qui commence ainsi:

 

« La nouvelle Internationale, qui doit se relever après l’effondrement de l’ancienne, le 4 août 1914, ne peut émerger que de la lutte de classe révolutionnaire des masses prolétaires dans les principaux pays capitalistes. L’existence et l’efficacité de l’Internationale ne dépendent pas d’une question d’organisation, de l’entente d’un petit groupe de personnes intervenant en tant que représentants des  couche ouvrières qui tendent à s’opposer, mais elles dépendent du mouvement de masse du prolétariat de tous les pays revenant au socialisme. A la différence de l’Internationale dissoute le 4 août 1914, qui n’était qu’une instance extérieure et dont l’existence ne consistait que dans de vagues rapports entre des petits groupes de chefs de partis et des petits groupes de chefs de syndicats, la nouvelle Internationale, pour représenter une véritable puissance politique, doit s’enraciner dans l’opinion, dans la capacité d’action et dans la pratique quotidienne des masses les plus larges … »

C’est cette idée qu’elle reprendra de manière plus percutante encore dans les « Principes directeurs pour les tâches de la social-démocratie internationale »:

« Le centre de gravité de l’organisation de classe du prolétariat réside dans l’Internationale. L’Internationale décide de la tactique des sections nationales concernant le militarisme, la politique coloniale, le commerce internationale, les fêtes du 1er mai et, de plus, elle décide en temps de guerre de tout ce qui concerne la tactique à adopter. » (Principe No 5)

 

« Le devoir d’appliquer les décisions de l’Internationale précède tous les autres devoirs de l’organisation. Les sections nationales qui contreviennent à ses décisions s’excluent elles-mêmes de l’Internationale. » (Principe No 6)

Le tome IV des œuvres de Rosa Luxemburg s’intitule « La brochure de Junius, la guerre et l’Internationale ». Pour qui veut comprendre en quoi consistait l’internationalisme, l’on peut dire aussi le combat contre l’impérialisme de Rosa Luxemburg, les indications sont multiples.

 

La brochure de Junius, la guerre et l’Internationale (1907 – 1916). Tome IV des Œuvres complètes de Rosa Luxemburg, Editions Agone, Agone&Smolny, 2014.

P 65 pour le début de la « Résolution sur le caractère d’une nouvelle Internationale ». P 208/ 209 pour l’extrait des « Principes directeurs… »

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *