Archives mensuelles: février 2015

Une réflexion sur Art et révolution inscrite dans la révolution en Tunisie, Claudine Roméo, 2011. En contre-point à R. Luxemburg

Un texte très riche dans la tradition des grands textes de réflexion sur l’art et la révolution.

Texte pour l’Ecole des Beaux Arts de Tunis ( Isbat ) Art dans la Révolution

Peu de temps pour formuler et écrire, beaucoup de « bonne » fatigue, provoquée par l’émotion, l’urgence à penser et faire les choses, au cœur de l’environnement unique créé en ce moment, au milieu des choses  pensées et faites par les autres, mes sœurs et frères, mes camarades tunisiens .

Ne rien faire, ne pas penser, mais comment ne pas  être  propulsée dans ce tourbillon intense et créatif, tourbillon de forces centripètes et centrifuges ?  Forces qui vont “dans tous les sens”, surtout dans le bon sens, le Sens de l’Histoire.  Ne rien faire serait se comporter en touriste de la Révolution des autres. Or, bien sûr qu’elle appartient à tout le monde, cette Révolution. Mais pas à ceux qui veulent et parfois peuvent, même, se l’approprier et la récupérer. Comme pour le reste, il n’y a pas de propriété privée de la Révolution.

Donc, pour moi, en venant vous voir et en venant à l’Isbat, bien sûr , je viens pour m’informer et informer : mais ce travail d’information sur certains médias à ma disposition, et de création de réseaux entre nous et vous, d’un continent à l’autre , est la contribution élémentaire que je pouvais porter auprès de vous. Mais, plus inattendu, la dispersion,  la diversité de l’activité philosophique, le fait que le philosophe est un « touche à tout », et s’occupe de ce qui ne le regarde pas, peut le rendre à même d’établir des rapprochements entre vous. C’est un spécialiste des généralités, ou plutôt, de l’universel,  alors, donc, plus inattendu, il contribue à créer des rhizomes entre vous, quand vous ne les avez pas encore établis vous-mêmes.

 Mon regard et ma position transversale, à travers quelques milieux révolutionnaires tunisiens qui ne se fréquentent pas encore, peut être utile : La position universelle de l’Art, pour lequel il s’agit, comme pour la Philosophie, de « créer des concepts-« , par exemple d’ici, de Tunisie, facilite la fluidité d’une forme de pensée critique à une autre  .

 Et aussi, la fréquentation d’autres métiers rend des choses possibles : – jusqu’aux jeunes chômeurs, puisque la Révolution est venue d’eux, artisans, paysans, ouvriers en grève à Gafsa ou à Gabès et à Sfax, imprimeurs, et aussi, juristes , avocats, enseignants, aviateur – ils sont en grève en ce moment à Monastir – employés des télécoms, postiers, avocats,  économistes, que j’ai eu la chance de pratiquer ces jours-ci.

Prolétaires  « de tous pays », mais aussi de toutes régions et de tous genres, dans leurs œuvres,  ils se côtoient. Le faire, déjà, la mise en œuvre, ou la main à la pâte, s’il s’agit d’un boulanger, cette position de touche-à-tout (où tous deviennent artistes et  philosophes) peut à tout instant en nouer les liens, en tricoter les radicelles, et en faire des  “nœuds”

… Décidément voilà que je cite Deleuze déjà 3 fois de manière cryptique … subconsciente même pour moi pendant que je vous écris cette lettre, je m’en aperçois seulement à l’instant,…

Je ne reviens pas sur la fabrique de concepts, concept et formulation verbale, ce n’est pas la même chose.

Le concept de l’art peut être rouge, dur, horizontal. Il peut être syncopé ou d’un phrasé musical net et «  andante », comme les concepts de Mozart, ou débordant, quasi baroques, comme ceux de Frank Zappa. On aura compris que lorsqu’on parle de l’Art fabricant des concepts, comme la philosophie, il ne s’agit vraiment pas – sauf cas très particulier – de l’art dit «  conceptuel » qui n’est qu’un cas de figure – c’est le cas de le dire !!- un cas historique particulier, d’ailleurs pas clôturé encore à ce jour.

L’Art plastique, la Musique, la définition que j’en donnerais, et la Poésie, loin d’être des conduites de fuite loin du réel, sont au contraire des activités d’intimité resserrée et quasi amoureuse avec le réel. Un rapport d’intimité  que la Science, par exemple, ne pratique pas, ou il s’agirait plus de proximité distante, objectivante, pour cette Activité scientifique,

L’Art, même le plus contrôlé, et le plus « froid», pratique à coup sûr cette intimité , cette présence au réel qui enchante l’artiste, le fait s’envoler dans l’urgence de dire , de sortir, de faire émerger et bourgeonner cette sève qui lui vient du réel.

Il ne peut être que dans une appartenance radicale à cette terre , à ce monde. Sauf que, différent de la pensée magique, comme pourrait le dire Lévi-Strauss, bien qu’articulé à tout instant à elle, il ne subit PAS passivement son cadeau, mais le transforme immédiatement et toujours de manière unique. La mythologie le fait aussi, mais au cours des siècles et de manière subconsciente, sinon inconsciente, car toujours collective. Alors que , si l’art est parfois collectif, c’est par choix, et dans le ici et maintenant de l’histoire : de l’Histoire tout court, et de …l’histoire de l’art, de sa propre histoire, donc.

Tout ceci n’était qu’un long préambule méthodique.

Mais qui peut engendrer des conclusions et des effets radicalement rapides et éclatants .

Par exemple,  La réalité qui nous occupe et nous porte en ce moment, c’est la Révolution, cette révolution tunisienne si particulière, si inouïe et inattendue,

Alors, l’art doit être- est- dans cette proximité folle inouïe, tout aussi impossible que la révolution elle-même, cette révolution, et alors, et il la fait, la produit dans la mesure de moyens, même très réduits. Et aussi, cet art est modulé, induit, insufflé et tendu, dans la droite ligne de la dynamique révolutionnaire, il multiplie ses interventions, il parle à chacun son langage, affect et pensée critique concrète tout ensemble. Il est dans le politique, tout à fait, mais ce Politique-là qui nous importe et nous fait vivre.

Et ce n’est pas un propos d’intellos –même de gauche !- que je tiens ici, j’ai vérifié cent fois cette réalité concrète de l’art. Il n’est pas alors, « au service » de la Révolution, ni là pour illustrer, orner, rendre belle la Révolution. Elle est intensément existante et belle, si je voulais plagier Sartre : pour lui, il n’y a pas de Nature humaine, donc pas d’essence de l’homme, il n’y a que de l’existence. Je dirais que, comme pour la réalité de l’homme, il n’a que de l’existence, et pas d’essence, Pour une- ou une autre, Révolution, il n’y a pas d’idée générale. Les occidentaux, ou de toute manière, ceux qui voient la Tunisie « de loin » , se demandent si ce qui se passe, ici, dans la rue, c’est La Révolution, si cela correspond bien à la définition du dictionnaire, si ici, c’est fidèle à l’idée abstraite de Révolution, en bons « intellectuels de gauche », ils concluent presque toujours « ça n’est pas une Révolution ».

 Pour la Révolution , et la vôtre, la nôtre ici et maintenant, il n’y a que de l’existence aussi.

Et sa réalité trouve ses multiples et libres actes , “artistiques dans l’acte même – Sidi Bouzid, ou la rue de Tunis- ou dans l’expression concrète simultanée de l’acte , L’ART, qui est un acte aussi.

Je crois que si on s’en tient à cette analyse, de la Révolution comme Réalité, l’artiste, les artistes ne peuvent tomber, ni dans la mièvrerie, ni dans la confusion – danger si redoutable en ce moment électoraliste.

Pour nous,  ce réel si urgent, si pressant, au battement de cœur et de sang si forts, NOUS DONNE SA FORCE .

Pour Artifekt, 1er Mai 2011.   texte n° 1

noir-et-blancEn Tunisie, durant la révolution

A lire sur le blog de Claudine : http://claudine-romeo.over-blog.com/article-texte-pour-ll-ecole-des-beaux-arts-de-tunis-isbat-art-dans-la-revolution-75488789.html

(Illustration de une : graphe dans les rues de Tunis faites Christophe pendant ce voyage. Inscription du texte de Claudine par Janie)

21 Fév 2015

Claudine Romeo a disparu. Notre émission sur Rosa Luxemburg n’aura jamais lieu … Toutes ces absences qui se font si présentes

Le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre sur notre blog est celui-ci. Notre rêve d’une nouvelle quinzaine Rosa Luxemburg, j’aurais voulu qu’elle en soit l’une des chevilles ouvrières. Je la sentais si proche, si sensiblement proche, si intimement interpellée par tout ce que Rosa Luxemburg peut représenter, de sensibilité, d’engagement et de conscience. Et cela, elle ne l’aura jamais su, comme elle n’aura jamais réalisé ce désir si profond d’une série d’émissions sur Rosa Luxemburg qu’elle me pressait régulièrement de faire. Le temps non mesuré, l’incapacité de percevoir l’urgence et l’essentiel, le manque d’imagination sur les disparitions possibles aura laissé filer le temps, la possibilité d’entendre sa voix sur ce thème, d’enrichir pour elle, pour nous, pour tous notre compréhension de l’apport de Rosa Luxemburg à la pensée et à l’humanité des engagements.

Rien d’autre à dire, mais beaucoup à pleurer …

Dominique Villaeys-Poirré


Ce que nous répond une camarade:

… toutes ces absences qui se font si présentes

C’est beau et l’émission pourra peut-être avoir lieu sans elle présente physiquement mais riche de toutes ces absences qui se font si présentes au cours des années qui passent et qui nous permettent de suivre des chemins de Rosa à Claudine par exemple en sera un supplémentaire.

14 Fév 2015

Claudine Romeo a disparu. Notre émission sur Rosa Luxemburg n’aura jamais lieu …

Le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre sur notre blog est celui-ci. Notre rêve d’une nouvelle quinzaine Rosa Luxemburg, j’aurais voulu qu’elle en soit l’une des chevilles ouvrières. Je la sentais si proche, si sensiblement proche, si intimement interpellée par tout ce que Rosa Luxemburg peut représenter, de sensibilité, d’engagement et de conscience. Et cela, elle ne l’aura jamais su, comme elle n’aura jamais réalisé ce désir si profond d’une série d’émissions sur Rosa Luxemburg qu’elle me pressait régulièrement de faire. Le temps non mesuré, l’incapacité de percevoir l’urgence et l’essentiel, le manque d’imagination sur les disparitions possibles aura laissé filer le temps, la possibilité d’entendre sa voix sur ce thème, d’enrichir pour elle, pour nous, pour tous notre compréhension de l’apport de Rosa Luxemburg à la pensée et à l’humanité des engagements.

Rien d’autre à dire, mais beaucoup à pleurer …

Dominique Villaeys-Poirré

 

13 Fév 2015

Février 1915. L’internationale, la prison et sur les premiers jours de son emprisonnement une magnifique lettre à Mathilde Jacob. Dossier: Suivre Rosa Luxemburg en 1915.

Les tout premiers jours de février, Rosa Luxemburg reçoit Clara Zetkin, qui a un souci de santé et qui doit assister à la Commission de contrôle du parti social-démocrate allemand. Nous possédons pour ce mois essentiellement un échange régulier avec Kostia Zetkin, des courriers à Mathide Jacob, ainsi qu’à Friedrich Wetmeyer, Alexandre et Hélène Winckler. C’est le mois où se développe l’un des projets majeurs du courant auquel appartient Rosa Luxemburg: le journal L’Internationale (Die Internationale) se met en place. Sur notre blog d’origine, vous trouverez une page (un dossier) qui lui est entièrement consacré (1)  Et nous reprenons ci-après les notations de la correspondance que nous avions regroupées et traduites. Le 18 février 1915, Rosa Luxemburg est brutalement arrêtée (elle pensait pouvoir être libre jusqu’au 31 mars). De ces premiers jours en prison nous possédons une des plus belles lettres de Rosa Luxemburg, celle du 23 février 1915 à Mathilde Jacob, lettre d’une arrivée brutale en prison où Rosa Luxemburg sait exprimer avec force, humour et émotion ce que peut ressentir un prisonnier politique lors de ces premières heures et jours de l’emprisonnement.

 

(1) http://comprendreavecrosaluxemburg.overblog.com/pages/3_LInternationale_Die_Internationale_1915-819933.html.

 Lettre à Mathilde Jacob

“Votre lettre de dimanche a été le premier message écrit reçu du monde extérieur et m’a procuré beaucoup de joie. Je reçois maintenant la deuxième et je vous en remercie. Soyez tout à fait rassurée pour ce qui me concerne, je vais physiquement et moralement tout à fait bien. Le transport en “fourgon vert” lui-même ne m’a causé aucun choc, car j’avais déjà connu le même transport à Varsovie. La ressemblance était si frappante que cela a éveillé en moi toutes sortes de pensées des plus gaies. Une différence cependant, les gendarmes russes m’avaient escortée “en tant que politique” avec le plus grand respect, alors que les policiers berlinois m’indiquèrent que cela leur était complètement égal, de savoir qui j’étais et me mirent dans un fourgon avec neuf autres “collègues”. Mais en fin de compte, ce sont des choses sans importance, et n’oubliez pas que l’on doit aborder la vie, quoi qu’il arrive, avec calme et sérénité. Je possède ici les deux en quantité suffisante. Mais pour que vous ne vous fassiez pas une image exagérée de mon caractère héroïque, je dois avouer ici avec regret que je n’ai pu retenir qu’à grand peine les larmes qui me montaient aux yeux quand je dus pour la deuxième fois me déshabiller jusqu’à la chemise et me laisser fouiller. Naturellement j’étais très en colère au fond de moi d’une telle faiblesse et je le suis encore. De même, le premier soir, ce qui m’a horrifiée, ce n’est pas la cellule, le fait d’avoir été coupée brutalement du monde, mais, imaginez-vous celui de devoir aller dormir sans avoir mis ma chemise de nuit, sans m’être brossé les cheveux. Et afin que ne manque pas une citation classique! Vous souvenez-vous de la première scène de Marie Stuart, alors qu’on lui avait enlevé ses bijoux: [citation de Schiller] (Allez revoir la citation car Schiller l’a certainement bien mieux exprimé que moi!) … Mais je m’égare. Que Dieu punisse l’Angleterre et me pardonne de me comparer à une reine anglaise! De fait, je possède ici “ces petits riens qui embellissent la vie”, sous la forme d’une chemise de nuit, d’un petit peigne et de savon – grâce à la bonté et à la patience d’ange de Karl [Liebknecht] – et la vie peut reprendre son cours. Je me réjouis de me lever tôt (5h40) et j’attends que Monsieur le Soleil veuille bien suivre mon exemple, afin que je puisse profiter de ce lever matinal. Ce qui est le plus beau, c’est que je vois et entends lors de la promenade dans la cour des oiseaux: une armée de moineaux insolents qui font parfois un tel bruit que je m’étonne qu’un sévère gardien n’intervienne pas pour faire cesser ce tapage; en outre quelques merles parmi lesquels un grand mâle au bec jaune qui chante de manière tout à fait différente de celui qui me rend visite à Südende. Il bavarde et couine de telle façon que l’on ne peut que rire; peut-être en mars/avril se reprendra-t-il et chantera-t-il comme il se doit. (et là je pense à mes pauvres petits moineaux qui ne trouveront plus leur repas servi sur la petite table du balcon et resteront surpris – Là vous devez obligatoirement versez quelques larmes, cela est trop triste …)

Chère madame Jacob, je vous accorde le plus grand honneur que je peux accorder à un mortel: je vous confie ma Mimi. Mais vous devez attendre encore quelques informations qui vous seront transmises par mon avocat. Alors vous devrez l’emporter dans vos bras (pas dans une quelconque corbeille ou sac !!!) avec l’aide de ma logeuse et prendre les sept merveilles du monde pour Mimi (son coussin, la petite clef, les documents, et s’il vous plaît, s’il vous plaît, son fauteuil rouge auquel elle est habituée). Tout cela devrait tenir dans votre voiture. Mais pour cela, comme je vous l’ai dit, attendez encore quelques jours.

Que faites vous? Lisez-vous beaucoup Je lis toute la journée, quand je ne mange pas, ne suis pas en promenade et ne nettoie pas la cellule. Ce qui est le plus beau, ce sont les deux heures de 7 à 9, ou je suis tranquille, lumière allumée et où je peux penser et travailler pour moi …

Mme Z[Zetkin] est malheureusement si bouleversée que je me fais du souci pour elle.

Je vous remercie de tout cœur, profitez de la vie et restez sereine.

Votre R.L.

Bien entendu je serais ravie de vous voir, mais nous devons attendre. Je n’ai pas le droit de recevoir beaucoup de visite et mes avocats revendiquent ce droit. Allez chercher aussi votre vase dans mon appartement!

 

Traduction Dominique Villaeys-Poirré. Merci d’apporter les améliorations nécessaires.

barnim


Le journal Die Internationale dans la correspondance de Rosa Luxemburg.

Ces extraits de lettres sont des annotations disséminées dans la correspondance. Ils s’ajoutent aux articles parus sur le blog et rassemblés dans l’un des dossiers du blog. (Voir page d’accueil). Ils donnent par exemple l’état d’esprit de Rosa Luxemburg dans sa lettre du 24 décembre, à K. Zetkin,  des indications pratiques sur le financement, la réalisation du journal ou sur l’orientation politique (la demande d’un article à F. Wesmeyer). Ils font allusion aussi aux poursuites engagées contre elle, Franz Mehring et Clara Zetkin. L’Internationale est un moment important dans la vie de Rosa Luxemburg: la tentative de donner une expression politique au courant contre la guerre, dans sa lutte contre l’Internationale qui a trahi et pour une nouvelle Internationale …

P 28/29 Lettre à Kostia Zetkin – 24 décembre 1914 – Berlin-Südende

… Aujourd’hui, j’ai été au concert à l’Opéra, le concerto pour piano de Beethoven était magnifique. Alors que j’écoutais la musique, montait de nouveau en moi une haine contre tous ces gens, au milieu desquels  je suis obligée de vivre. Je sens qu’il faut écrire un livre  sur ce qui se passe maintenant, un livre que personne, ni homme, ni femme, ni  les plus anciens n’a jamais lu,  un livre qui tape sur ce troupeau à bras raccourcis. Je suis comme toujours dans la vie en parfaite contradiction avec ce que je fais. J’ai de nouveau l’intention de fonder le journal, je tiens cinq réunions électorales dans la semaine et je travaille à développer la nouvelle .organisation alors que, au fond de moi je n’aspire qu’au calme et à m’éloigner de toute cette agitation. Je n’aurais besoin d’autre chose que d’être seule avec Mimi, et de pouvoir me promener et lire quand j’en ai envie et de travailler tranquillement.

P 32 Lettre à Martha Rosenbaum – 5 janvier 1915 – Berlin-Südende

… Nous pouvons les prendre [les fonds pour prendre un abonnement à un journal syndical propageant le social-chauvinisme à faire circuler au sein du groupe] sur le compte du journal ...

P 35  Lettre à Friedrich Westmeyer – 2 février 1915 – Berlin-Südende

Pour un journal, édité le camarade Franz Mehring et moi-même, et dont le premier numéro doit paraître à la mi-février 1915, je vous demande une contribution. Il faudrait que vous  écriviez pour nous sur les “remarquables” actions de soutien 1.aux familles de soldats 2 aux chômeurs 3. aux L’article ne doit pas dépasser  quatre à cinq pages de la Neue Zeit, et doit comporter tout d’abord un court résumé des faits, mais ensuite et c’est le principal, une critique fondamentale et forte de ces mesures et de leur caractère insuffisant. Je sais que vous avez mené un combat contre les mesures d’aide aux chômeurs (NB Vous pouvez montrer sans vous gêner l’attitude des syndicats). Je ne sais pas si vous connaissez aussi bien les autres aspects de l’aide, mais je suppose que vous saurez vous orienter rapidement…

P 42 Lettre à Kostia Zetkin – 1915 – Berlin-Südende

… Nous voulons donc agir avec le journal, des écrits, en tant qu’individus , certainement, mais cela aussi aura une influence

P 45 Lettre à Alexander Winckler – Berlin-Südende

Cher camarade Winckler,

Au nom de K[arl Liebknecht] et de moi-même, je vous remercie de tout coeur pour le soutien efficace que vous avez apporté à notre entreprise. Les préparatifs se poursuivent. Hier, l’imprimeur de Leipzig, où nous allons faire  le journal, était là et nous avons vu les aspects pratiques. Le numéro 1 sortira début mars. Les contributions sont en cours de rédaction. J’espère que nous allons réussir. Ici à Berlin, et dans d’autres villes avec lesquelles nous sommes en relation,  il y a un véritable besoin d’entendre une pensée social-démocrate au sens ancien du terme. La plus grande partie des camarades n’a pas changé de conviction mais seulement désappris à faire confiance à ses dirigeants, ceux-ci ayant si lamentablement manqué à leurs devoirs… . Naturellement, nous vous adresserons le premier numéro du journal quand il sera fini…

P 75 Lettre à Luise Kautsky – 18 septembre 1915 – Berlin

Je me fais du souci pour l’affaire contre Clara [Clara Zetkin avait été emprisonnée pour son rôle lors de la Conférence internationale des femmes, sous l’accusation de trahison. Elle ne sera libérée que fin octobre 1915]  Moi aussi, j’ai de nouveau une affaire sur le dos (à cause de l’Internationale) qui va peut être empêcher que je puisse mettre le nez dehors en février. Mais laissons les choses venir comme dit l’oncle Paul …

P 135 Lettre à Mathilde Jacob – Le 16 septembre 1916

[Cette lettre est consacrée à l’audience prévue le 4 octobre dans le cadre du procès intentée pour la publication de l’Internationale contre Rosa Luxemburg, Franz Mehring et Clara Zetkin. Cette dernière étant gravement malade, Rosa Luxemburg ne veut pas qu’il y ait dissociation de la procédure et s’emporte contre le cabinet d’avocat Weinberg …]

Les pages renvoient à l’édition allemande Dietz Verlag, Tome V.

Traduction Dominique Villaeys-Poirré3 Merci d’apporter les améliorations nécessaires.

Les indications en italiques sont le fait du blog et concernent directement le journal Die Internationale.

08 Fév 2015

Aquarelles de Rosa Luxemburg

Ces peintures ont été réalisées par Rosa Luxemburg en prison durant la guerre.

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08 Fév 2015