P. La révolution spartakiste

Rosa Luxemburg. Assemblée nationale ou gouvernement des conseils ?

DOSSIER : Rosa Luxemburg et la Révolution


 Assemblée nationale ou gouvernement des conseils ? (Rosa Luxemburg)

Rosa Luxemburg, « Die Rote Fahne », 17 décembre 1918.

C’est en ces termes qu’est formulé le deuxième point de l’ordre du jour du Congrès des conseils d’ouvriers et de soldats, et c’est en effet la question cardinale de la révolution dans le moment présent. Ou l’Assemblée Nationale, ou tout le pouvoir aux conseils d’ouvriers et de soldats ; ou le renoncement au socialisme, ou la lutte de classes la plus rigoureuse contre la bourgeoisie, avec le plein armement du prolétariat : tel est le dilemme.

II y a un plan idyllique, qui prétend réaliser le socialisme par la voie parlementaire, par la simple décision d’une majorité. Ce rêve rose ne tient même pas compte de l’expérience historique de la révolution bourgeoise ; sans parler du caractère spécifique de la révolution prolétarienne.

Comment les choses se sont-elles passées en Angleterre? C’est là qu’est le berceau du parlementarisme bourgeois, c’est là qu’il s’est développé le plus tôt, avec le plus de force. Lorsqu’en 1649 l’heure de la première révolution bourgeoise moderne sonna en Angleterre, le parlement anglais avait déjà derrière lui une histoire plus que trois fois centenaire. C’est pourquoi le parlement devint, dès le premier moment de la révolution, son centre, son rempart, son quartier général. Le fameux « Long Parlement » a vu sortir de son sein toutes les phases de la révolution anglaise. Depuis les premières escarmouches entre l’opposition et la puissance royale, jusqu’au procès et à l’exécution de Charles Stuart, ce parlement fut, entre les mains de la bourgeoisie ascendante, un instrument insurpassable, parfaitement adapté.

Et qu’advint-il ? Ce même parlement dut créer une « armée parlementaire spéciale, que des généraux choisis dans son sein conduisirent au combat, pour y mettre en déroute complète, au cours d’une guerre civile longue, âpre et sanglante, le féodalisme, l’armée des « cavaliers » fidèles au roi. Ce ne fut pas dans les débats de l’Abbaye de Westminster, qui était pourtant alors le centre spirituel de la révolution, mais sur les champs de bataille de Marstonmoor et de Naseby, ce ne fut point par les brillants discours prononcés au parlement, mais par la cavalerie paysanne, par les « Côtes-de-Fer » de Cromwell que se décida le sort de la révolution anglaise. Et son développement conduisit du parlement, au travers de la guerre civile, à l’ « épuration ” par la force, à deux reprises, de ce même parlement, et, finalement, à la dictature de Cromwell.

Et en France ? C’est là qu’est née l’idée de l’Assemblée Nationale. Ce fut, dans l’histoire mondiale, une géniale inspiration de l’instinct de classe, lorsque Mirabeau et les autres déclarèrent en 1789 : « Les Trois Etats, jusqu’à maintenant toujours séparés, la Noblesse, le Clergé et le Tiers-Etat, doivent dorénavant siéger en commun en tant qu’Assemblée Nationale.» Cette assemblée devint en effet d’emblée, par la réunion des états, un instrument de la bourgeoisie dans la lutte des classes. Avec l’appui de fortes minorités des deux états supérieurs, le Tiers-Etat, c’est-à-dire la bourgeoisie révolutionnaire, disposait immédiatement dans l’assemblée nationale d’une majorité compacte.

Et qu’advint-il, encore une fois ? La Vendée, l’émigration, la trahison des généraux, la constitution civile du clergé, le soulèvement de 50 départements, les guerres de coalition de l’Europe féodale, et, finalement, comme seul moyen d’assurer la victoire finale de la révolution : la dictature, et avec elle le règne de la terreur. Voilà donc ce que valait la majorité parlementaire pour la défense des révolutions bourgeoises. Et pourtant, qu’était l’opposition entre la bourgeoisie et le féodalisme, auprès de l’abîme géant qui s’est ouvert aujourd’hui entre le travail et le capital ! Qu’était la conscience de classe des combattants des deux camps qui s’affrontaient en 1649 ou 1789, comparée à la haine mortelle, inextinguible qui flambe aujourd’hui entre le prolétariat et la classe des capitalistes !

Ce n’est pas en vain que Karl Marx a éclairé de sa lanterne scientifique les ressorts les plus cachés du mécanisme économique et politique de la société bourgeoise. Ce n’est pas en vain qu’il a fait apparaître, de façon éclatante, tout son comportement, jusqu’aux formes les plus sublimes du sentiment et de la pensée, comme une émanation de ce fait fondamental qu’elle tire sa vie, comme un vampire, du sang du prolétariat.

Ce n’est pas en vain qu’Auguste Bebel, en conclusion de son célèbre discours du congrès du parti de Dresde, s’est écrié: « Je suis et je reste l’ennemi mortel de la société bourgeoise !

C’est le dernier grand combat, dont l’enjeu est le maintien ou l’abolition de l’exploitation, c’est un tournant de l’histoire de l’humanité, un combat dans lequel il ne peut y avoir ni échappatoire, ni compromis, ni pitié.

Et ce combat, qui, par l’ampleur de ses tâches, dépasse tout ce que l’on a connu, devrait mener à bien ce qu’aucune lutte de classes, aucune révolution n’a jamais mené à bien : dissoudre la lutte mortelle entre deux mondes en un doux murmure de luttes oratoires au parlement et de décisions prises à la majorité !

Le parlementarisme a été, pour le prolétariat, une arène de la lutte de classes, tant qu’a duré le train-train quotidien de la société bourgeoise : il était la tribune d’où les masses, rassemblées autour du drapeau du socialisme, pouvaient être éduquées pour le combat.

Aujourd’hui, nous sommes au milieu de la révolution prolétarienne, et il s’agit aujourd’hui de porter la hache sur l’arbre del’exploitation capitaliste elle-même. Le parlementarisme bourgeois, comme la domination de classe de la bourgeoisie, dont il est l’objectif politique essentiel, est déchu de son droit à l’existence. C’est maintenant la lutte de classes sous sa forme la plus dépouillée, la plus nue, qui entre en scène. Le capital et le travail n’ont plus rien à se dire, ils n’ont plus maintenant qu’à s’empoigner dans un corps à corps sans merci pour que le combat décide lequel sera jeté à terre.

La parole de Lassalle vaut aujourd’hui plus que jamais : l’action révolutionnaire consiste toujours à exprimer ce qui est. Et ce qui est s’appelle : ici est le travail — ici le capital ! Pas d’hypocrite négociation à l’amiable, là où il y va de la vie et de la mort, pas de victoire de la communauté, là où il s’agit d’être d’un côté ou de l’autre de la barricade. C’est clairement, ouvertement, honnêtement, et avec toute la force que confèrent la clarté et l’honnêteté, que le prolétariat doit, en tant que classe constituée, rassembler dans ses mains la puissance politique tout entière.

« Egalité des droits politiques, démocratie ! », nous scandèrent pendant des décades les prophètes grands et petits de la domination de classe bourgeoise.

« Egalité des droits politiques, démocratie ! », leur scandent aujourd’hui, comme un écho, les hommes à tout faire de la bourgeoisie, les Scheidemann.

Oui, ce mot d’ordre doit maintenant devenir une réalité, car l’ « égalité politique ” s’incarne au moment où l’exploitation économique est radicalement anéantie. Et la « démocratie“, la domination du peuple commence lorsque le peuple travailleur s’empare du pouvoir politique. II s’agit d’exercer sur les mots d’ordre mésusés par les classes bourgeoises pendant un siècle et demi la critique pratique de l’action historique. II s’agit de faire, pour la première fois, une vérité de la devise de la bourgeoisie française en 1789, « Liberté, Egalité, Fraternité ” — par la suppression de la domination de classe de la bourgeoisie. Et comme premier pas, voici le moment, devant le monde entier, et devant les siècles de l’histoire mondiale, d’inscrire hautement à l’ordre du jour: Ce qui jusqu’à présent se présentait comme égalité des droits et démocratie — le parlement, l’assemblée nationale, le droit de vote égal — était mensonge et tromperie ! Le pouvoir tout entier aux mains des masses travailleuses, comme une arme révolutionnaire pour l’extermination du capitalisme — cela seul est la véritable égalité des droits, cela seul est la véritable démocratie !

 

 Repris de sur communisme.wordpress.com (14 mai 2009) : Fin décembre 1918 était fondé par les internationalistes de la Ligue Spartakus, en particulier Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, le KPD, Parti Communiste d’Allemagne. Avec l’élaboration d’un programme, “Ce que veut la Ligue Spartakiste“, il s’agissait alors de répondre aux exigences de l’heure, celles d’une crise révolutionnaire où le prolétariat allemand voulait en finir avec le régime capitaliste qui avait causé les atrocités de la première guerre impérialiste. Ce texte de Rosa Luxemburg, “Assemblée nationale ou gouvernement des conseils ?” pose la question qui est celle de toute période révolutionnaire : quelle classe doit diriger ? Maintenir l’odieuse oppression de la classe au pouvoir ou briser sa domination ? En 1918, au vu des charniers de la première guerre mondiale, Rosa Luxemburg écrivait “avancée vers le socialisme ou retombée dans la barbarie”. La défaite de la révolution allemande et finalement de la révolution mondiale commencée en Russie, ont donné raison à la phrase prophétique de Rosa Luxemburg. Face à la crise de 1929, le capitalisme n’a réussit à maintenir son système que grâce aux horreurs du nazisme et de la deuxième guerre mondiale. A l’heure où commence la pire crise économique depuis 1929, il est du devoir de celles et ceux qui veulent changer le monde, non pas d’inventer un “socialisme du 21ème siècle”, mais d’étudier les textes fondamentaux du marxisme. En posant le problème “Assemblée nationale ou gouvernement des conseils ?”, c’est bien la question permanente de toute classe opprimée qui est posée… Continuer à subir la dictature de la classe dirigeante, la bourgeoisie, ou briser son appareil d’Etat.

 

Article originel : comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

18 Juil 2015

La révolution russe – Lettre de Rosa Luxemburg à Luise Kautsky le 15 avril 1917. “Ne comprends-tu donc pas que c’est notre propre cause qui l’emporte et triomphe là-bas”

Dossier: Rosa Luxemburg et la Révolution

Document 1 : une première réaction de Rosa Luxemburg à la Révolution russe.

 “Ne comprends-tu donc pas que c’est notre propre cause qui l’emporte et triomphe là-bas … Je sais ce qui te déprime, c’est que je ne sois pas en liberté, pour rassembler les étincelles qui jaillissent là-bas. … A tout instant, je suis à mon poste et, dès que la possibilité m’en sera offerte, je m’empresserai de taper de mes dix doigts sur la clavier du piano du monde, que cela fera un beau vacarme!”

Chère Loulou, Wronke, le 15 avril 1917

Ta courte lettre d’avant Pâques, m’a vivement inquiétée par son ton d’extrême abattement et je me suis promis sur-le-champ de te laver la tête une fois de plus. Dis-moi, comment peux-tu, telle une triste cigale,  continuer à chanter ta chanson si désolée, tandis que de Russie nous parviennent ce choeur, ces chants d’alouette si clairs? Ne comprends-tu donc pas que c’est notre propre cause qui l’emporte et triomphe là-bas, que c’est l’histoire mondiale en personne qui y livre ses combats et, ivre de joie, dans la Carmagnole? Quand notre cause, celle de tous, connaît un tel développement, ne devons-nous pas oublier toutes nos misères privées?

Je sais ce qui te déprime, c’est que je ne sois pas en liberté, pour rassembler les étincelles qui jaillissent  là-bas, pour aider et orienter les choses en Russie et ailleurs aussi. Pour sûr, ce serait beau et tu peux imaginer quels fourmillements je ressens dans tous les membres et comment chaque nouvelle de Russie me traverse comme une décharge électrique jusqu’au bout des doigts. Mais de ne pouvoir participer à ces mouvements ne me rend pourtant nullement triste et il ne me vient pas à l’idée en gémissant sur ce que je ne puis changer, de gâcher la joie que j’éprouve à voir ce qui se passe.

Vois-tu, l’histoire des dernières années précisément et, en remontant dans le passé à partir de celle-ci, toute l’histoire m’ont appris qu’on ne doit pas surestimer l’action de l’individu. Au fond, ce qui agit et force la décision, ce sont les grandes forces invisibles, les forces plutoniennes des profondeurs et, finalement tout se met en place, pour ainsi dire de “soi-même”. N’interprète pas mal ce que je te dis! Ce faisant, je ne prône pas je ne sais quel optimisme fataliste et commode, destiné à masquer sa propre impuissance, et que je déteste chez Monsieur ton époux précisément. Non, non! A tout instant, je suis à mon poste et, dès que la possibilité m’en sera offerte, je m’empresserai de taper de mes dix doigts sur la clavier du piano du monde, que cela fera un beau vacarme! Mais comme, non par ma faute, mais par contrainte externe, j’ai été mise en congé d’histoire mondiale, je ris un bon coup, je suis heureuse quand cela marche même sans moi, et je crois dur comme fer que tout cela se passera bien. L’histoire sait toujours mieux que quiconque comment s’en sortir, alors qu’elle paraît s’être engagée dans une impasse sans le moindre espoir d’issue (…)

Et à présent tâche un peu d’être gaie, tu m’entends? Ne récrimine pas contre le temps gris, étudie plutôt la beauté et la diversité toute particulière d’un ciel gris.

Je t’embrasse de tout cœur.

Cette lettre est largement répandue et traduite. Cette version est publiée dans la revue Commune, N°18, mai 2000 (Prairial an 208)

Illustration : Soviet de Petrograd


Repères chronologiques sur le site du collectif smolny et qui permettent de mieux situer cette lettre dans son contexte historique. Il faut tenir compte du fait que Rosa Luxemburg est alors emprisonnée et qu’elle ne dispose certainement pas de toutes les informations, mais qu’elle connaît vraisemblablement les bouleversements politiques et les mouvements populaires de février-mars.

Janvier

-9 janvier : Grève de 50 000 ouvriers et manifestation à Petrograd en commémoration du Dimanche rouge de 1905.

Février

-22 février : Lockout aux usines Poutilov.

-23 février : Journée internationale des femmes et grande manifestation à Petrograd contre les difficultés d’approvisionnement. Les « Cinq Glorieuses » débutent spontanément.

-25 février : Grève générale à Petrograd.

-26 février : Heurts violents entre manifestants et armée.

-27 février : Mutinerie à Petrograd. Mise en place d’un double pouvoir : le Comité provisoire de la Douma et, le Soviet des députés ouvriers de Petrograd.

Mars

-1° mars : Par son Prikaz (“ordre”) n°1, le Soviet de Petrograd invite les soldats à élire des comités dans chaque unité, ce qui va dissoudre la discipline dans l’armée. Les grandes places de Petrograd se transforment en lieux de meeting permanent ; des centaines de soviets, des milliers de comités d’usine et de quartier, de paysans, de cosaques, de « ménagères », de milices … fleurissent en quelques semaines ; plus de 150 quotidiens ou hebdomadaires accompagnent cette « libération de la parole ».

-2 mars : Formation d’un gouvernement provisoire libéral, présidé par le prince Lvov ; abdication de Nicolas II.

-6 mars : Publication du programme du gouvernement provisoire : amnistie, convocation d’une Assemblée constituante élue au suffrage universel, poursuite de la guerre.

Avril

-3 avril : Arrivée de Lénine à Petrograd.

-4 avril : Lénine expose aux bolcheviks ses “Thèses d’avril”.

-20-21 avril : “Journées d’avril” : vives réactions du Soviet à la note Milioukov (confirmant aux Alliés l’engagement de la Russie dans la guerre) ; manifestations et violents heurts dans les rues de Petrograd entre manifestants et contre-manifestants.

Article originel: La révolution russe – Lettre de Rosa Luxemburg à Luise Kautsky comprendre-avec-rosa-luxemburg.over-blog.com

 

Ta R.

18 Juil 2015

Sur Smolny, le sommaire de l’ouvrage “Lettres politiques” et “Lettres de Spartacus” et l’accès sur le net (en allemand)

Der Inhalt der « Politische Briefe » und « Spartakus Briefe ». Artikel und Autoren / Dezember 1914 – Oktober 1918

Source : Spartakusbriefe, Herausgegeben vom Institut für Marxismus-Leninismus beim Zentralkomitee der Sozialistischen Einheitspartei Deutschlands, Berlin, Dietz Verlag, 1958; Vorwort von Dr. Helmut Kolbe; Vorwort zum ersten Band der Spartakusbriefe (Berlin, 1926) von Ernst Mayer; Mit einer Beilage: Faksimiledruck des Spartakusbriefes Nr. 12 vom Oktober 1918.

Sur http://www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=1740


SPARTACUS BRIEFE

-  Spartacus Nr. 1 vom 20. September 1916

  • Der Rhodus (Rosa Luxemburg)

  • Liebknecht (Rosa Luxemburg)

  • Das Bekenntnis eines internationalen Sozialdemokraten

  • Politisches und Kritisches

  • Aus dem Reich

-  Spartacus Nr. 2 vom 5. November 1916

  • An Karl Liebknecht

  • Geßlers Hut

  • Nicht die alte Leier, sondern das neue Schwert! (Karl Liebknecht)

  • Das Fazit der Reichskonferenz

  • Der „Vorwärts“-Streich vor der Grossberliner Verbands- Generalversammlung (Rosa Luxemburg)

  • Politisches und Kritisches

-  Spartacus Nr. 3 vom Dezember 1916

  • Ein Bluff

  • Tanzt, Ihr Polen, tanzt, Ihr Deutsche… (Julian Marchlewski)

  • Friede und Schiedsverträge (Rosa Luxemburg)

  • Die schlummernde Großmacht

  • „Ich zweifle nicht!“

  • Politisches und Kritisches

  • Aus dem Reich

-  Spartacus Nr. 4 vom April 1917

  • Ein neues Waterloo des Sozialismus (Rosa Luxemburg)

  • Vor dem Hunger (Julian Marchlewski)

  • Die Revolution in Rußland (Rosa Luxemburg)

  • Wilsons Sozialismus (Rosa Luxemburg)

  • Politisches und Kritisches

  • Scheidemann — apporte! (Rosa Luxemburg)

  • Aus dem Reich

-  Spartacus Nr. 5 vom Mai 1917

  • Die Große Russische Revolution

  • Der alte Maulwurf (Rosa Luxemburg)

  • Dokumente der russischen Revolution

  • Zwei Osterbotschaften (Rosa Luxemburg)

-  Spartacus Nr. 6 vom August 1917

  • Brennende Zeitfragen (Rosa Luxemburg)

  • Krieg und Frieden

  • Die Diktatur des Proletariats

  • Stockholm

  • Die Alternative

  • Eine tragische Posse

  • Franz Mehring über die Stockholmer Konferenz (Franz Mehring)

-  Spartacus Nr. 7 vom November 1917

  • Ach, du lieber Augustin

  • Die abgesagte Weltwende

  • Vom Papst bis Haase

  • Am Pranger

  • Politisches und Kritisches

-  Spartacus Nr. 8 vom Januar 1918

  • Die geschichtliche Verantwortung (Rosa Luxemburg)

  • Und nun?

  • Nicht nach Schema F

  • Die Reifeprüfung

-  Spartacus Nr. 9 vom Juni 1918

  • Der Katastrophe entgegen (Rosa Luxemburg)

  • Eine Frage an das Schicksal

  • Ein Aufruf der polnischen Sozialdemokraten in Rußland

  • Die deutschen Befreier

  • Ein Dokument aus „großer“ Zeit

  • Die Suche nach Sklaven

  • Zur Aufhebung des § 153 der Gewerbeordnung

-  Spartacus Nr. 10 vom August 1918

  • Nach vier Jahren

  • Ein paar Posttage zu spät

  • Ein warnendes Exempel

  • Henker unrt Genossen

  • Zum Blutbad gerüstet

-  Spartacus Nr. 11 vom September 1918

  • Die Pleite des Imperialismus

  • Die russische Tragödie (Rosa Luxemburg)

-  Spartacus Nr. 12 vom Oktober 1918

 

Spartakusbrief_1918_Nr_12

  • Der Knoten der internationalen Lage

  • Die kleinen Lafayette (Rosa Luxemburg)

  • Friedensbedingungen

  • Reichskonferenz der Spartakusgruppe

 

Artikel und Autoren / Dezember 1914 – Oktober 1918

SPARTAKUS a01 : Zur Kriegssitzung des Reichstags

Spartakus Briefe Nr. 1 vom Dezember 1914 – Karl Liebknecht

SPARTAKUS a02 : Referentenmaterial vom Bildungsausschuss Niederbarnim

Spartakus Briefe Nr. 2 vom Dezember 1914

SPARTAKUS a03 : Der Zusammenbruch

Spartakus Briefe Nr. 3 vom März 1915

SPARTAKUS a04 : Dr. Karl Liebknecht zu den Thesen Dr. Eduard Davids

Spartakus Briefe Nr. 4 vom August 1915

SPARTAKUS a05 : Zur Information

Spartakus Briefe Nr. 5 vom August 1915

SPARTAKUS a06 : Zur Information

Spartakus Briefe Nr. 6 vom September 1915

SPARTAKUS a07 : Zur Information

Spartakus Briefe Nr. 7 von 1915

SPARTAKUS a08 : Zur Information

Spartakus Briefe Nr. 8 von 1915

SPARTAKUS a09 : Zur Information

Spartakus Briefe Nr. 9 von 191

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POLITISCHE BRIEFE

-  Nr. 1 vom Dezember 1914

-  Nr. 2 vom Dezember 1914

-  Nr. 3 vom 20. März 1915

-  Nr. 4 vom August 1915

-  Nr. 5 vom August 1915

-  Nr. 6 vom September 1915

-  Nr. 7 von 1915

-  Nr. 8 von 1915

-  Nr. 9 von 1915

-  Nr. 10 vom November 1915

  • Politische Briefe
    • Die Parvusiade (Rosa Luxemburg)
    • Zwei Ukase
    • Die Zimmerwalder Konferenz

-  Nr. 11

  • Aufruf! (Fritz Ausländer)

-  Nr. 12 vom 27. Januar 1916

  • Politische Briefe
    • Die Dezember-Männer von 1915 (Karl Liebknecht)
    • Ein schwarzer Tag im Reichstag
    • Liebknechts Kleine Anfragen

-  Nr. 13 vom 27. Januar 1916

  • Politische Briefe
    • Fortsetzung! Sitzung der sozialdemokratischen Reichstagsfraktion vom 12. Januar 1916
    • Die Presszensur gegen die Anfragen
    • Parlamentszensur gegen die Anfragen

-  Nr. 14 vom 3. Februar 1916

  • Politische Briefe
    • Die Lebensfrage des Sozialismus

-  Nr. 15 vom 9. März 1916

  • Politische Briefe
    • Die Gegensätze in der „Opposition“
    • Rundschreiben an alle angeschlossenen Parteien und Gruppen (Auszug)
    • Tagesordnung der 2. Internationalen Sozialistischen Konferenz

Nr. 16 vom 30. März 1916

  • Politische Briefe
    • Nüchterne Prüfung und scharfe Entscheidung

-  Nr. 17 vom 30. März 1916

  • Zur persönlichen Information
    • Bericht über eine Reichs-Besprechung
    • Ein Gruß des Pariser Aktionskomitees sozialistischer Frauen für den Frieden und gegen den Chauvinismus (Louise Saumoneau)
    • Anlage I
    • Anlage II (Rosa Luxemburg)
    • Anlage III (Rosa Luxemburg)

-  Nr. 18 vom 13. April 1916

  • Politische Briefe
    • Allerlei aus dem Reichstag
    • Allerlei aus der Großberliner Opposition

-  Nr. 19 vom 22. April 1916

  • Politische Briefe
    • Kampf um die Partei!
    • Aus dem elendesten der Parlamente

-  Nr. 20 vom 15. Mai 1916

  • Politische Briefe
    • Die Maifeier
    • Finanzsperre und Organisationsstatut
    • Auf zur Maifeier!
    • Die letzte parlamentarische Aktion Karl Liebknechts (Karl Liebknecht)

-  Nr. 21 vom 28, Mai 1916

  • Politische Briefe
    • Zur Zweiten Zimmerwalder Konferenz
    • Bericht über die Zweite Zimmerwalder Konferenz
  • Zur Information
    • Politisches und Kritisches
    • Aus dem Reiche

-  Nr. 22 vom 12. August 1916

  • Politische Briefe
    • Rückblick und Ausblick
    • Demonstrationen und Streiks
    • Politisches und Kritisches

-  Nr. 23 vom 25. Dezember 1916

  • Zirkular der Spartakusgruppe

30 Jan 2015